Studio News
Camten: dix ans, un collectif rassemblé
Date:
09/2025
Camden célèbre en 2025 ses dix ans. Pour inaugurer ce blogue, pourquoi ne pas revenir sur la genèse de l’agence. Car pour savoir où l’on va, ce n’est jamais mauvais de savoir d’où l’on vient, non?
Marie-Michèle Jacques, associée principale et présidente, et moi, quelque part en janvier 2015, dans notre local de l’époque dans le Vieux-Montréal:
Pourquoi on appellerait pas l’agence Rebelle Rebel, féminin et masculin, comme une twist au monde de Bowie?
Je sais pas, ça fait un peu salon de coiffure, non?
Vrai. T’as raison. Ça va mal vieillir. Quétaine déjà.
Ok, mais c’est quoi l’agence qu’on veut au fond?
C’est une vibe, une destination. Comme un quartier…Genre Camden Town à Londres? Diversité, tout le tralala. Et ça rock, non?
Ouin. Pas mal ça. On va creuser mais pas mal ça.
Cool
Et on a creusé. Et le nom Camden n’a jamais été supplanté.
On l’a donc protégé et on l’a ensuite mis au monde. Dur de croire que ça fait déjà dix ans. Comme un saut dans le temps, tellement il s’est passé de choses et tellement c’était avant-hier. Peut-être aussi que la pandémie a joué avec nos cerveaux et notre perception. Peux-tu le croire, déjà dix ans?
Café Olive et Gourmando. Retour à un midi de l’été 2014. Encore nous deux. Nous réfléchissons à ce que nous voulons construire comme agence concrètement, au-delà de la marque et de la théorie. Un truc intégré mais pas trop lourd. Déclinable aussi pour en faire un collectif sur plusieurs sites. On n’avait pas encore l’arrogance de penser international. C’est venu rapidement ensuite, mais pas sur le coup. Alors on a pris le napperon, on l’a reviré et on a schématisé à la main, par services, ce qu’on voulait construire l’année suivante. L’équipe de l’époque, celle de Défi, l’agence que nous avions rachetée de Claude Dutil, son fondateur, et où nous évoluions depuis plusieurs années, était solide. Neuf ou dix bonnes personnes très pros. On avait la fondation. Mais il fallait grandir. Voir plus loin. Comment accélérer le développement de l’agence, dans un marché déjà saturé à l’époque? Pitcher tous les jours? Pas vraiment. On a plutôt décidé qu’on ferait ce que personne ne faisait à l’époque: allier la croissance organique de nos comptes à des gains par le développement stratégique, mais surtout, et c’est là qu’était la nuance: miser sur des acquisitions. Pour éventuellement sortir du Québec tout en y restant solide.

Saut dans le temps. Nous sommes le 24 septembre 2015. Vers 17h.
Il y a une grande fébrilité dans l’espace tout neuf du 5455 De Gaspé, dans Mile-End, que les équipes occupent depuis quelques semaines seulement. On a bossé tout l’été avec les designers et l’équipe de construction. On aime. L’espace serait sélectionné aux Grands Prix du Design l’année suivante. Bref, on va inaugurer notre nouvelle marque dès ce soir. Il y a un drap sur le grand logo à l’entrée. Exit «Défi» qu’on va toujours garder dans notre coeur. Un immense écran va diffuser le film de présentation de notre nouvelle identité, tourné quelques mois auparavant à Londres et Montréal. Le chef Danny St-Pierre et sa gang préparent leurs postes pour la bouffe à venir, d’inspiration West-Indies. Antoine, un ami, s’affaire aux huîtres et aux canapés. Karim Ouellet (on a une grosse pensée pour lui, il est parti tellement trop tôt), est dans un bureau fermé et se prépare pour une prestation de quelques morceaux un peu plus tard. Marie-Michèle et moi accueillons les invités, en compagnie des membres de l’équipe. Clients, amis, familles, partenaires, ça arrive. Les cocktails trouvent preneurs et preneuses. Plus de 100 personnes. L’ambiance est super positive. Ensuite ce sera un discours de nous deux pour introduire notre nouveau nom. Puis le film. Nos deux garçons chacun de nos côtés. Applaudissements. Frissons. Musique. Bouffe. Danse. Discussions. C’était lancé. Notre bébé bien né. Sans forceps. Le lendemain on gagnerait un pitch important contre une très grande agence avec la gueule de bois, mais tout ce qu’il fallait de créativité. Je me souviens avoir mentionné pendant la soirée une certaine ambition pour la France après quelques verres. J’aurais pas dû. J’avais été un peu pris de haut. Du genre: calme-toi le jeune. Mais rien pour entacher la soirée. Un grand moment.

Ensuite, les années se sont succédées à la vitesse grand V.
L’acquisition de CGCom en mai 2016 à Montréal, avec l’intégration de ses équipes et de ses clients, dont plusieurs nous font encore confiance aujourd’hui. Le démarrage de notre bureau de Toronto en 2017 avec deux collègues qu’on aimait beaucoup et qui avaient une drive de ouf comme disent nos amis français. Puis en mai 2018: inauguration sur un rooftop de Lyon de notre premier bureau en Europe avec la belle gang des Distilleurs. Le poil me lève sur les bras en y repensant, particulièrement à ma mère qui s’était déplacée de Montréal pour l’occasion. Puis la pandémie, bang. Télétravail et tout le tralala d’incertitude. Mais on allait persister. Hong Kong fin 2020 qui est parti sur les chapeaux de roues. Ensuite pas mal d’investissements en nous, en notre cohésion, en notre marque, plusieurs hauts, certains bas aussi, mais une période nécessaire pour clarifier notre vision et bien s’entourer des bonnes personnes. Et pour coiffer le tout, l’an dernier, en novembre, l’ajout du bureau de Paris via une entente avec l’agence Biggerband qui se joignait à Camden, pour aller plus loin ensemble. Un bureau dans le 10e arrondissement de Paris. Qui l’aurait dit ?
Le rythme avait été bon. Assez soutenu. Pas assez pour moi, mais ce ne sera jamais assez pour moi.
Le mois dernier, nous étions à São Paulo pour discuter d’avenir avec des joueurs là-bas. On ne va pas s’arrêter. Notre plan est clair: continuer de servir nos clients locaux avec des armes que les autres agences n’ont pas, et challenger les gros réseaux sur les marques globales de petite et moyenne taille en incarnant l’agence de l’avenir, présente partout sur la planète, fine sur sa compréhension des cultures et rodée comme une machine de guerre sur le déploiement mondial. Avec des experts de calibre international. Le meilleur des deux mondes. La convivialité, l’accessibilité, la créativité ancrée dans les insights porteurs, mais aussi des capacités. De grandes capacités. Dictées par des humains qui pilotent la technologie et non par la technologie qui pilote des humains. Et de l’énergie et de l’engagement pour nos clients, sans ménagement. Car on va à la guerre pour eux.Oui, certaines personnes sont parties, la vie, la force des choses, mais d’autres sont restées. Plusieurs ont aussi choisi Camden ces dernières années pour bâtir l’avenir avec nous et aujourd’hui, notre modèle est plus limpide que jamais. Mais le plus important, c’est que notre groupe de leadership sur 3 continents (bientôt 4 si tout va pas trop mal), est soudé et rame dans la bonne direction en incarnant nos 4 valeurs: l’humilité, l’audace, la rigueur et la solidarité. Notre foi en l’avenir est solide et tangible, car nous réalisons nos rêves, un pas à la fois, en constatant des résultats concrets au quotidien. Et en tant que CEO, ce sera un privilège de continuer d’être au service de nos équipes, de développer des occasions gagnantes et de m’assurer que nous gardions le vent en poupe en décuplant nos présences dans les grands marchés internationaux.

Pour terminer, je tiens sincèrement, qu’importe que nous soyons aujourd’hui en moins bons termes ou encore que nous soyons restés amis, à remercier toutes celles et ceux qui ont contribué à l’essor de Camden, depuis ce soir du 24 septembre 2015. Sincèrement je le répète. Sans aucune arrière pensée. Car sans vous, on n’y serait pas.
C’est difficile de cacher mon authentique fierté, après 10 ans, des tonnes de joie, d’apprentissages et plusieurs écueils, de diriger un collectif aussi rassemblé, professionnel, humain et inspirant.
Non, je ne citerai pas Bruel. Mais quand même, on se le donne ce rendez-vous dans dix ans?


